Au début j'ai eu envie de ranger et donner des vêtements, certains des miens, beaucoup de mon mari.

J'ai eu comme la "rage" de faire ce vide ou cette place nette.

C'est une goutte dans l'océan! Que de bric à brac entassé dans une maison au cours des ans, des déménagements, des récupérations lors des décès de parents. Et jamais le temps de ranger! Il en faudrait des mois et des années. 

Et là je n'ai pas la force d'entreprendre une telle croisade pour le moment. 

Je suis toute mangée par les formalités administratives. Tous ces documents à rechercher, retrouver, rassembler, envoyer, présenter. C'est mon mari qui avait la charge de classer et ranger les papiers. Mais la maladie peu à peu, sournoise depuis des années, a mis à mal sa logique et ses qualités de gestionnaire. Je voyais bien que ça ne marchait plus et je demandais que de l'ordre soit mis. Mais mon mari déniait ses difficultés, et les médecins ne trouvaient rien!

Je ne connaissais pas l'ampleur du désastre, mon mari tenait à ses prérogatives, même s'il n'arrivait plus à rien.

C'est maintenant que je comprends combien il est difficile de rassembler des renseignements épars, perdus ou planqués dans des lieux improbables!

Je redoutais les suites de décès, je n'avais pas imaginé à quel point ce serait difficile sur le point paperasse, DJM se vantait de garder tout à jour. Ma mère trop âgée ne peut pas m'aider face à ce gigantesque puzzle.

De plus en plus quand j'entre dans la pièce à vivre où j'ai étalé tous les papiers retrouvés, j'ai la nausée.

Je ne veux même pas penser que ma mère est très âgée et que la course aux démarches risque de reprendre trop tôt!

Me réfugier au fond d'une caverne, en Patagonie ou au fin fond de l'Amazonie ne servirait à rien. Les problèmes vous rattrapent où que vous ayez fui!