bien que surchargée de boulot, j'ai accordé le plus grand intérêt à une émission qui m'a prise aux tripes: "le jour où tout a basculé" du mardi 20 mars 2012, que j'ai trouvée en "replay" pour la visionner ce matin

je vais tenter d'en faire un résumé perso pour m'en souvenir, avec des titres et des petits paragraphes pour que ce soit plus clair:

QUESTION:
alternance de joie et fureur, les emportements de J devenaient de plus en plus fréquents, était-ce la crise d'adolescence?

Des crises de plus en plus fréquentes:
J (16 ou 17 ans) s'en prend de plus en plus fréquemment à sa mère S, avec qui elle vit une relation fusionnelle depuis la mort de son père
elle agresse sa mère puis elle culpabilise ensuite
et voulant s'excuser, elle relance des accusations et les procès d'intention vis-à-vis de S
S (qui travaille dans le monde de la santé) se sent "craquer" sans trouver de solution

Isolement progressif:
J est isolée, ses crises l'éloignent de ses amis, une seule lui reste fidèle M
au cours d'une explication musclée entre M et J, cette dernière l'accuse de vouloir capter l'amour de sa mère
"vous seriez bien débarrassées si je venais à disparaître!" lance-t-elle avant de partir

Découverte du pot-aux-roses:
M inquiète de l'attitude de J, téléphone à sa mère "elle devient folle, elle enchaine les absences au lycée"
S est prise de colère face aux mensonges de sa fille, mais elle craint le pire, l'inquiétude l'emporte sur la colère

Une fugue:
J est en fugue, M suppose qu'elle s'est réfugiée dans un jardin public où elles avaient l'habitude de se retrouver, S et M la cherchent sans résultat
S se remémore la mort de son mari, il y a quelques années, et sa solitude, leur solitude après ce décès, ses luttes pour que la vie continue normalement , son travail qui la rend absente et ne permet pas de veiller constamment ou correctement aux besoins affectifs de sa fille

J rentre, sa mère montre sa colère, mais J a l'air d'avoir changé, elle est désolée

Un changement qui n'en est pas un:
cependant les sautes très brusques d'humeur de sa fille inquiètent S
"quoi que tu fasses, les autres ont toujours tort" lui dit sa mère désespérée au terme d'autres altercations verbales
elle lui demande d'aller consulter, J se remet en colère, elle refuse d'aller voir un psy "pour les dingues"
elle exprime cependant une part de sa souffrance: son père lui manque trop

En consultation:
J se rend à contre-coeur en consultation auprès du psy A
elle demeure agressive envers ce psy à la voix douce

le psy diagnostique une dépression sévère

Répercussions à la maison:
la mère essaye d'interroger sa fille au sujet des consultations avec A (comment ça se passe? etc...)
elle lui manifeste de l'intérêt que J interprète comme du "flicage" permanent et du harcèlement
J répond avec agressivité et se montre incontrôlable
S est désemparée
J manifeste des moments de regrets vis à vis de sa mère (comme d'habitude)

Des consultations de plus en plus tendues:
Avec A, J déplace très souvent la conversation sur le terrain de la sexualité
elle provoque le psy pour qu'il sorte de son attitude de soignant, elle lui reproche de ne pas lui sauter dessus, tout en ayant peur qu'il le fasse
désirerait-elle inconsciemment qu'il sévisse et prenne la place d'un père absent dont elle ne se console pas du décès?elle n'a pas pu faire son deuil!

J avoue qu'elle ne prend aucun de ses remèdes
elle quitte une consultation en plein milieu, promettant au psy de lui pourrir la vie
le psy décide de mettre sa mère au courant
son diagnostic: hystérie, agressivité, paranoïa

Un mensonge grave de plus:
mais S devant prendre sa fille, la trouve effondrée sur le trottoir, elle prétend que A l'a agressée
S débarque comme une furie dans son cabinet, sans laisser A s'expliquer, elle l'agresse, parce qu'elle croit sa fille (bien que celle-ci ait accumulé les mensonges récemment)
S et J déposent aussitôt une plainte contre A pour tentative de viol

Coup de théâtre:
Or, il se trouve qu'A était homosexuel
après une garde à vue et un interrogatoire qui le disculpe, il est relâché
A téléphone à S pour tenter de s'expliquer et que des mesures soient prises afin que J ne sombre pas davantage

A se rend au plus tôt chez S pour intervenir
J pète un plomb, elle brandit un couteau qu'elle retourne alternativement vers elle et vers le psy et sa mère
A la désarme et lui donne un tranquillisant
S est en état de schok
A préconise une prise en charge en hôpital psy, dans un centre spécialisé pour les ados
S est face à une décision très difficile, mais en souvenir du couteau dirigé contre elle, elle accepte cet internement

Le traitement et son résultat:
à l'hôpital, J se remet progressivement, sa mère la visite périodiquement (ce qui l'aide plutôt à se reconstruire), A continue à la suivre

Le traitement est favorable, J a été prise à temps, sa vie redevient normale, elle peut passer et obtenir son bac
elle n'en veut plus à M son amie et à S sa mère


voilà pourquoi cette histoire m'a marquée:

l'hystérie n'est pas un symptôme et une affection typiquement féminine, l'hystérie peut aussi toucher des hommes

pour moi, cette histoire a confirmé certaines hypothèses émises envers des ados des deux sexes,
dans des cas où il y a (eu) "absence du père" dans un foyer
absence physique et absence au point de vue: éducation, tendresse, points de repères, règles posées et à respecter, résolution normale de l'Oedipe
et
dans des cas où le deuil d'une relation avec le père (pour cause de départ, de séparation, de "démission éducative", de décès) n'a pas pu être fait par l'enfant ou l'ado

cependant il ne m'est plus possible d'intervenir personnellement en faveur de certaines personnes qui ont fait l'objet de mes observations et hypothèses anciennes
parce qu'elles ont largement dépassé le cap de l'adolescence et ce depuis fort longtemps
et qu'elles dépendent à présent d'elles-mêmes et des familles qu'elles ont constituées depuis
je souhaite néanmoins que chacun puisse trouver la paix et des modus vivendi acceptables, et que si des traitements peuvent encore être possibles, prescrits et acceptés, ils puissent encore être envisagés