j'ai un étrange sentiment, non seulement d'être une éternelle passante, celà n'est pas nouveau, mais d'être une éternelle étrangère
et de ne rien posséder en propre, même pas mes pseudos ou même pas mes noms!
même pas mon histoire peut-être!


j'ai besoin de fuir
de me retrouver, moi, seule
de pleurer un bon coup

c'est lorsque j'ai trop à faire et à vivre, tiraillée de tous côtés

je préfèrerais rester à la fenêtre, dans la tour haute, à scruter l'horizon, pour voir si mon chevalier revient
si la route poudroie
si l'on entend les tambours et les fifres
si l'on aperçoit le plus petit filet de poussière annonçant les chevaux au galop
 

je préfèrerais demeurer dans mon lit, même si un petit pois tapi sous la onzième couette me meurtrit le dos
même si ma dame de compagnie ne m'a pas préparé mon bol de lait de chèvre tout chaud tiré
même si mon major d'homme n'a pas encore allumé le feu dans la grande cheminée
 

je préfèrerais n'avoir ni téléphone, ni ordinateur, ni synthétiseur, ni contrats urgents
je préfèrerais être inconnue, dans une chaumière, à la lisière de la forêt, près de la rivière et du déversoir du moulin


mais ce n'est pas possible
une princesse en 2007 a des obligations!