"il n'est rien de réel que le rêve et l'amour" (Annes de Noailles)

Calligraphie de Hassan Massoudy

l'intégrale du mini-roman est ici


2
 

1) Je suis fatiguée
très fatiguée

j'ai de la peine,
beaucoup de peine

mon ami autrefois
je t'ai assuré QUE
peu m'importaient Tes mensonges

je T'ai dit que je T'aimerais toujours

rien n'a changé
ce n'est pas faux

ce que je n'avais pas dit SURTOUT
c'est que m'insupportent
faiblesse et ruse

je suis triste
très triste
très!

ainsi font font font
les petites...

Allez, circulez!
y a plus rien à voir! RIEN!


2) je vais m'y prendre autrement
ça te ferait plaisir
que je vienne lire
tout ce que tu as écrit pour moi?

pour que quelqu'un vienne te lire, toi
pour que tu existes, toi
toi et ta famille dans mon regard
d'éternelle enfant!

moi qui ne peux plus rien pour toi
moi qui t'ai tant aimé
moi qui en ai perdu le souffle
la vie de t'attendre
puis de ne plus t'attendre!

moi qui ne sais même plus si je suis MARGOT
ou COLOMBINE
moi qui n'ai plus ni houlette
ni voile
ni bâton
ni sabots

ça te plairait, dis
même si je suis l'ombre
d'une ombre qui passe
et repasse

sans voix
sans yeux
sans nom
sans corps

sans bouche pour embrasser
mordre et crier!

sans passé et sans avenir
sans idée
décervelée

sans amour
désabusée

sans pudeur
anihilée

sans hier
et sans demain

sans sexe
sans volonté

une qui apprend une fois de plus à mourir

et qui passera ses heures à cliquer
sur des pages qui ne s'ouvrent pas

une qui ne créera plus parce que
rivée à un écran hostile
qui ne lui livre plus rien!

c'est ce que tu veux de moi?

CQFD?!


3) moi je me veux libre
libre de toute combine

libre de ce matériel qui se refuse à moi

libre de sentiments qui ne me conviennent pas

libre d'être moi
vive et gaie

courant dans la montagne

je ne saurai jamais qui tu prétendais être
qui furent tes prestigieux ancêtres
ton spécifique parcours
ton élégance intérieure
ta personnelle noblesse

je ne me consumerai point
de t'attendre ou te deviner

je veux vivre sans toi
mon amour

je veux que d'autres te connaissent,
t'aiment, te réjouissent

je veux que tu m'oublies
que tu m'effaces

je n'ai jamais existé

c'est facile
tu as rêvé

et moi
et moi, peu importe!
je suis déjà vieille
mes bras touchent terre,
mes rides se creusent
mes joues se fanent

je ne suis plus celle que tu as aperçue
croisée

je ne suis plus rien
pas même un parfum

pas davantage une ombre
qu'importe

qui suis-je?
je ne sais plus
je ne sais plus où je suis
où je vais
pourquoi

?

Fleurdatlas 21 octobre 08

(finita la comedia?)