J'en viendrais à penser que je ne saurai plus jamais écrire un article ou bloquer.  Plus d'un mois que je n'ai rien posté!

Il faut avouer que les rôles de ressuscité sont difficile à tenir! 

On s'est appliqué au retour à la maison, à maintenir les acquis, à ne pas décevoir.

Mais la maladie est toujours là, inexorable,  sourde, mais pas vraiment muette.

 

Dans l'enthousiasme, une phlébite passée inaperçue, mais qui vous balance des caillots vers les poumons et c'est inévitablement l'embolie!

 

Retour donc aux urgences pour découvrir que phlébites est plus juste car la seconde jambe est atteinte.

Complications avec ennuis gastriques, respiratoires, urinaires.

On ne sait plus si les symptômes sont distincts de la maladie principale ou conséquences.

Où agir? Où ne pas agir? Aurait dit Arpagon...

Et Diafoirus, lui, que préconiserait-il? Et Toinette?  Il est évident qu'il y a du poumon dans tout cela!

Mais aussi du foie, du pancréas, de la vessie, de la prostate et du colon!

Et que dire du coeur docteur?

La marée monte impérieuse, l'oedème, l'acite,  l'hydropisie.

Les ponctions seraient dangereuses avec le taux d'anticoagulation. 

On augmente les opioides. 

DJM dort, il boit trop peu, il n'urine presque plus. Il va difficilement du lit au fauteuil. Il ne garde pas tous ses repas mixés. Il fond du haut et forcit du bas. Du moins est-ce l'effet visuel extérieur qui me fait modifier ses pantalons, tricoter des jambières et chaussettes sur mesure. J'ai dévalisé les rayons XXL des supermarchés avoisinants.

Nous sommes à l'Institut depuis presque trois semaines, et il faut penser au "retour".

Bêtement,  et on peut le comprendre, j'ai craqué devant DJM il y a une semaine, doutant de nos capacités pour une reprise des soins at home. Il faut dire qu'à l'Institut, depuis notre retour, il collectionnait plusieurs urgences par jour. Ce n'est plus le cas actuellement. Mais mon amour se voit bien diminué depuis.

Nous avons eu un entretien avec une asso qui coordonne les soins palliatifs à domicile et entreprend des démarches auprès des caisses pour obtenir des aides. Notre cas n'est pas simple, relevant de caisses non domiciliées dans le département où nous sommes actuellement accueillis.

Nous avons le "chic" pour nous emberlificoter grave aux niveaux administratifs!

Pour le moment, il me semble suffir sans aide personnelle particulière sauf infirmière. Pour le présent, c'est simplement  l'anxiété de DJM qui monte. Bien compréhensible, c'est lui qui va se rencarder avec le Grand Barbu comme dirait Arlety à Gabin peut-être dans un polar de la grande époque.

Et ce rencard quand et comment va-t-il avoir lieu? Ça en ferait flipper plus d'un!

Mais pas de quoi renoncer à ses propres directives anticipées sur sa fin de vie à la maison.

 

Vous dire que j'ai pas envie de sauter au plafond en ce moment, que je ne suis pas dans les même dispositions que Fred Astaire dans Mariage Royal! Si c'est un autre grand classique hollywoodien, me corriger!

 

Notre vie est à présent à 1000 lieues de That's old folks.

 

Se souvenir des belles choses et des amitiés.

Se réjouir des personnes qui nous soutiennent chacune à sa manière. 

"On redevient comme des petits enfants" dit DJM pendant sa toilette, abandonné aux gestes dun personnel soignant expert.

Feuilleter un bouquin de trains offert par un parent en visite, tracer des plans de maison ou des itinéraires. De petits gestes.

Raconter sa vie passée par écrit lui demande trop d'énergie. Il en reste à ce qu'il avait produit jusqu'en juillet.

 

Moi j'attends que les toubibs passent pour ne pas manquer une info ou une décision importante. J'attends longtemps. J'attends tout le temps...

 

Difficile d'en faire des romans fleuves.

 

Je vous salue bien.

 

TAH